La Montagne, 25 mars 2015

Un tour de France de la sobriété heureuse

C’est un mouvement de fond : des dizaines de milliers de Français ont choisi de vivre à contre-courant. Ils pratiquent un anticonformisme qui consiste à refuser le mode de vie matérialiste occidental axé sur la consommation, la réussite sociale, la possession de biens.

Ces personnes, ces familles, se passent de télé, parfois de voiture ou d’une partie des attributs du « confort moderne », elles font un maximum de choses par elles-mêmes, s’alimentent si possible localement, pratiquent le troc…

Une forme d’ascétisme ? Le philosophe-paysan Pierre Rabhi et d’autres penseurs parlent de « sobriété heureuse » ou de « simplicité volontaire ». Ces choix de vie résultent souvent d’une prise de conscience écologique et s’accompagnent d’une volonté de disposer de temps libre pour se cultiver, élever des enfants, partager, militer…

« La simplicité volontaire est d’abord un déconditionnement », définissent en préambule Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, fondateurs du journal La Décroissance. Ce qui déconcerte le plus les partisans du modèle dominant, c’est que cette simplicité associe revenus modestes et « joie de vivre ». [...]

Ce journal très critique ouvre chaque mois une fenêtre rafraîchissante sur une copieuse et généralement édifiante interview de citoyens sobres et heureux. C’est une rubrique très populaire. Une cinquantaine de ces tranches de vie recueillies partout en France ont été rassemblées dans un recueil par les éditions Le Pas de Côté et l’Échappée.

Julien Rapegno, La Montagne (édition Creuse), 25 mars 2015.

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