Le Monde diplomatique n° 726

Avec son dernier essai, le fondateur du mensuel La Décroissance défend une vision de l’objection de croissance que l’on peut qualifier de moraliste. Affirmant que « nos pulsions ne sont pas des droits », il rejoint la réflexion de Jean-Claude Michéa : la politique a besoin d’interdits ; l’individu et la société doivent apprendre à se limiter. Le lecteur pourra être en désaccord avec certains propos : le dépassement du clivage gauche-droite par la notion de décroissance, l’austérité présentée comme une vertu proche de la sobriété, ou encore le « mariage pour tous » refusé au nom de la lutte contre le mercantilisme. Il trouvera néanmoins dans cet ouvrage des réflexions dérangeantes mais nécessaires. La critique de la pensée « libérale-libertaire », notamment, appuie sur un point douloureux : en croyant s’émanciper de la morale, une partie de la gauche serait tombée dans le « catéchisme du désir ». Un travers qui pousserait l’ensemble de la société, et notamment les classes moyennes, à préférer l’accumulation à la redistribution.

Aurélien Bernier, Le Monde diplomatique n° 726, août 2014.

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