La Décroissance n° 104

Un Charbonneau inédit

Un livre inédit de Bernard Charbonneau (1910-1996), voilà qui a de quoi réjouir les objecteurs de croissance tant la pensée de ce précurseur est une des plus abouties de ce mouvement. Le texte est relativement récent puisqu’écrit en 1990. De surcroît, il ne s’agit pas d’un manuscrit oublié volontairement mais au contraire d’une réflexion centrale sur le « changement ». Un slogan prôné par tous à commencer par certains « écologistes » : « L’homme du changement c’est celui qui prend l’avion pour jeter un pleur sur le dernier Indien. » Avis à Nicolas Bertrand. En lisant Bernard  Charbonneau, c’est toute la rhétorique déversée continuellement par le système politique et médiatique qui est décomposée. Bernard Charbonneau ne remet pas en cause le changement en tant que tel, bien au contraire - « La société humaine est celle qui satisfait tant soit peu les besoins contradictoires de conservation et de progrès » - mais le « changement pour le changement, au nom de la Révolution ou du marché, [qui] enchaîne l’homme à un ordre de fer… ». Comme la croissance, la production, la science ou le développement, le changement devient sa propre finalité, entraînant la société dans une religion furieuse et fanatique : « Le progrès c’est l’indiscutable, donc indicible : la Vérité autant que la réalité par excellence. » Le reste ne se contente pas d’un résumé et est dans le livre. Pour seulement 12 euros 50, précipitez-y vous tant l’œuvre de Bernard  Charbonneau est essentielle pour comprendre notre époque.

V.C., La Décroissance n° 104, novembre 2013.

couverture du journal

Comments are closed.