Le Berry républicain, 23 octobre 2013

Le changement. Un mot maintes fois érigé en slogan, tant par le monde politique que par les publicitaires. Un mot voulu comme annonciateur de progrès. Mais un mot qui, selon Bernard Charbonneau (1910­-1996), projette sur la société des hommes l’ombre de la destruction de l’environnement, des libertés. Dans Le Changement, ouvrage inédit achevé en 1990 et publié ce mois­-ci par la maison d’édition vierzonnaise le Pas de côté, ce penseur inclassable et iconoclaste dénonce le développement industriel à tous crins et la course inconsidérée à la croissance qu’induit l’idéologie progressiste. En « précurseur de l’écologie politique », comme le présente l’éditeur, il fustige les lourds coûts de ce changement pour la nature, pour les hommes… Changement­-progrès qui n’est plus, aux yeux de l’auteur, qu’un tourbillon, « un maelström » incessant. « Pour bâtir, le changement commence par démolir, déplore­-t­-il. Le chantier n’est plus un stade provisoire mais le milieu permanent où l’homme est condamné à vivre. » Les alertes de Bernard Charbonneau n’avaient guère été écoutées par ses contemporains. Mais près de vingt­-cinq ans plus tard, le mot changement est toujours sur bien des lèvres.

Vincent Michel, Le Berry républicain, mercredi 23 octobre, p. 10.

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