Radio Nova, 30 mai 2016

Décoloniser nos esprits

Ce livre est un collectif de 45 avis d’auteurs différents, issus des milieux de recherche, d’observation, de militantisme et de philosophie d’au moins 3 continents. Chaque texte est court et ouvre une porte.

Tous dénoncent l’ « idéologie du progrès », cette nouvelle RELIGION où la croissance est le dogme, la technologie l’horizon indépassable, source de progrès, donc de bonheur.

Par toutes sortes d’angles, d’expériences ou de réflexions, chacun tente de regarder le monstre du développement sauvage, du pillage de la terre, de la surchauffe des achats et ventes, mais aussi l’hydre des projets inutiles ou néfastes.

Mais comment en est on arriver à ne plus pouvoir arrêter la machine à fabriquer, à consommer, à gaspiller ?

John Greer , essayiste américain, spécialiste du pétrole conclut à la fin que nous avons remplacé la FOI  chrétienne, l’ESPOIR du paradis, d’abord par le Nationalisme, puis le Marxisme et enfin le Progrès…

Serge Latouche, économiste, théoricien de la DECROISSANCE insiste :

Pour sortir du PRODUCTIVISME et de l’illimité, il faut d’abord DECOLONISER nos esprits, les DESECONOMICISER !

L’abondance frugale, la prospérité sans croissance sont possibles !

L’économie est une invention, inconnue des sociétés traditionnelles.

Travail, terre et monnaie sont des marchandises fictives.

Notre imaginaire a été colonisé, martelé de chiffres et de commerce, de marketing et d’échanges, mais sans règles aucune, que le profit !

Le progrès est devenue une arme CONTRE les peuples !

On nous promet sans cesse des produits miracles, des technologies qui vont sauver la situation …Chaque innovation veut faire croire qu’elle va renverser le capitalisme ( des ordinateurs aux imprimantes 3D, l’arnaque des fab labs  et de tous les gadgets qui ne sauvent que la conso!)

Seules des « conventions de citoyens » pourront s’opposer aux sociétés transnationales et critiquer leurs inventions polluantes.

Nous avons une tradition d’austérité et de rigueur en occident !

Oui, de Diogène à Sénèque, de  Socrate à Jésus. Notre tradition valorisait le dépouillement, la simplicité, la rigueur, l’économie…

Nous avons oublié la mesure  et la tempérance et maintenant nous avons une dette envers les pays du sud que nous avons pillé…

Nous devons être NON ALIGNES, éthiquement, spirituellement, alors les actes de nos vies se régulent pour espacer les ravages de l’égoïsme.

Jean Rouzaud, Nova Planet, 30 mai 2016.

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